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Dans la région des Savanes, une intervention soutenue par l’UNICEF a permis de renforcer la prise en charge des enfants réfugiés et demandeurs d’asile burkinabè, en combinant protection, formation professionnelle, accès à l’identité légale et accompagnement social.

Dans un contexte marqué par la persistance de la crise sécuritaire au Sahel et l’arrivée de populations réfugiées dans la région des Savanes, les enfants figurent parmi les groupes les plus exposés aux vulnérabilités. Difficultés d’accès à l’éducation et aux soins, absence de documents d’état civil, risques de violences, d’exploitation et d’exclusion sociale constituent autant de défis auxquels les acteurs de la protection doivent répondre.

« Il y a deux ans, j’ai commencé un apprentissage en coiffure, un métier que j’ai toujours rêvé d’exercer. Mais faute de moyens, mes parents n’avaient pas pu signer mon contrat d’apprentissage, ce qui a fortement limité mon accès à l’atelier. Aujourd’hui, je suis très heureuse et motivée, car la CNAR a pris en charge la signature de mon contrat. Je vais désormais me concentrer sur ma formation afin de terminer les douze mois restants et de pouvoir m’établir pleinement dans ce métier. » Lompo Dilla, 17 ans, apprentie coiffeuse, réfugiée burkinabè.

C’est dans ce contexte que la Direction régionale des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance des Savanes, à travers la Coordination Nationale d’Assistance aux Réfugiés (CNAR), avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), a mis en œuvre, de juin à août 2026, une série d’interventions en faveur des enfants réfugiés et demandeurs d’asile burkinabè.

Donner aux enfants les moyens de construire leur avenir

L’un des principaux volets de l’intervention a porté sur l’accompagnement à la formation professionnelle. Sur 241 enfants vulnérables identifiés et évalués, 50 ont été sélectionnés sur la base de critères de vulnérabilité. Parmi eux, 39 sont des filles et 11 des garçons. Les bénéficiaires comprenaient notamment des enfants séparés, non accompagnés, orphelins ou issus de ménages particulièrement vulnérables.

Photos montrant l’entretien avec les parents/tuteurs, les artisans et la signature de contrats à Dapaong.

Pour sécuriser leur parcours, des échanges ont été organisés avec les parents ou tuteurs et les maîtres artisans. Ces concertations ont abouti à la signature de 50 contrats d’apprentissage, tandis que chaque bénéficiaire a reçu un appui en équipements et matériels de travail d’une valeur de 100 000 FCFA. Des visites régulières dans les ateliers ont également permis de suivre l’assiduité des jeunes et leurs conditions de formation.

L’initiative a ainsi dépassé la simple assistance ponctuelle en offrant aux jeunes bénéficiaires des perspectives concrètes d’acquisition de compétences et d’insertion socioprofessionnelle.

L’identité légale, un droit fondamental

Les résultats enregistrés témoignent de l’ampleur du besoin : 184 enfants, dont 96 filles et 88 garçons, ont été identifiés et ont finalement bénéficié de la délivrance d’une attestation de naissance. L’objectif initial de 150 enfants a ainsi été dépassé, avec un taux de réalisation de 122,7 %. Les bénéficiaires étaient issus de huit cantons des préfectures de Tône et de Cinkassé.

Au-delà du document administratif, cette démarche contribue à renforcer l’accès des enfants à leurs droits fondamentaux, notamment en matière d’éducation et de protection.

Une prise en charge adaptée aux besoins de chaque enfant

L’intervention repose également sur un dispositif de gestion et de suivi des cas. L’identification des enfants vulnérables s’est effectuée grâce à un réseau de relais comprenant les comités de réfugiés, les personnels de santé, les services déconcentrés des Solidarités, les leaders communautaires ainsi que les agents de la CNAR.

Au total, 67 enfants réfugiés et demandeurs d’asile, dont 37 filles, ont bénéficié d’un accompagnement adapté à leur situation dans plusieurs cantons de la région des Savanes. Les enfants présentant des problèmes de santé ont été orientés vers les formations sanitaires appropriées ou vers le CHR de Dapaong selon le niveau d’urgence, tandis que les enfants confrontés à des situations de vulnérabilité ont bénéficié notamment d’un appui ponctuel en subsistance. Deux enfants séparés de leurs parents biologiques, vivant auprès de proches, ont également été identifiés et suivis.

« Ma fille souffrait de varicelle depuis plusieurs mois. Aujourd’hui, son état de santé s’est nettement amélioré grâce à la prise en charge de ses dépenses médicales dans le cadre de ce projet. Nous en sommes très reconnaissants. » Tankoano Bandré, réfugiée burkinabé.

Cette approche illustre l’importance d’une prise en charge intégrée, capable de répondre simultanément aux dimensions sanitaire, sociale, psychosociale, juridique et économique des vulnérabilités auxquelles sont confrontés les enfants.

Une mobilisation communautaire au cœur de la protection

La réussite de ces interventions repose également sur une démarche participative impliquant les familles, les communautés, les maîtres artisans, les chambres de métiers, les autorités locales et les acteurs institutionnels. Les sensibilisations menées auprès des différents relais communautaires ont contribué à favoriser l’adhésion des populations et à faciliter l’identification et l’orientation des enfants ayant besoin d’assistance.

Cette mobilisation confirme que la protection de l’enfant ne peut être assurée par une seule institution. Elle nécessite une action coordonnée entre les services publics, les organisations humanitaires, les communautés et les familles.

Investir dans la protection, construire l’avenir

À travers cette intervention, la CNAR, la Direction régionale des Solidarités et l’UNICEF ont contribué à apporter une réponse multidimensionnelle aux vulnérabilités des enfants réfugiés et demandeurs d’asile dans les Savanes.

241 enfants vulnérables identifiés, 50 jeunes accompagnés vers la formation professionnelle, 184 attestations de naissance délivrées et 67 enfants pris en charge dans le cadre de la gestion des cas : ces résultats traduisent une volonté commune de placer la protection de l’enfant au cœur de la réponse humanitaire.

Au-delà des chiffres, l’enjeu demeure de permettre à chaque enfant, quel que soit son statut ou son parcours, de grandir dans un environnement protecteur, d’accéder à ses droits et de disposer des moyens nécessaires pour construire son avenir.

L’ensemble de cette intervention témoigne de l’engagement du Togo à honorer ses engagements internationaux (Convention de Genève de 1951, Convention de l’OUA de 1969) et sa volonté de construire un modèle d’accueil et d’inclusion digne, humain et durable. 

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